La Magicienne
Gravures et Ateliers
Chriss
La Magicienne
Nantes / Carquefou, France

Le plus beau surnom qu’on m’ait donné
Moi, c’est ChrisS. La Magicienne, c’est le surnom que mon compagnon m’a donné. Et pour moi, c’est le plus beau de tous. Pas pour un tour de cartes ni un chapeau pointu : parce qu’il dit que j’ai gardé intacte une chose que beaucoup d’adultes perdent en route — la capacité de repérer les petits bonheurs et les petites beautés du quotidien. La lumière à travers les arbres, une fleur toute simple et pourtant incroyablement graphique, la silhouette d’un chat sur un toit. J’ai toujours regardé le monde comme ça.
Et puis il y a une deuxième magie, plus concrète celle-là : celle du moment où l’on soulève le papier de la plaque gravée, et où l’image apparaît. Après des dizaines d’estampes, cet instant continue de me surprendre à chaque fois. C’est ce double regard — sur le monde, et sur la matière — que j’essaie de transmettre dans chaque estampe.
Un détour de vingt ans avant d’y arriver
Rien ne me destinait à la gravure, sur le papier en tout cas. École de commerce, conseil en stratégie, puis marketing — dans les télécoms, ensuite dans des startups et petites entreprises. Un parcours solide, qui cochait toutes les cases sur le papier. Mais je n’ai jamais eu l’impression d’y être tout à fait à ma place. Enfant déjà, je passais mon temps libre à dessiner, avec une facilité et une sensibilité à l’esthétique qui ne m’ont jamais quittée.
Le déclic
Tout a basculé en 2019. Une amie de toujours m’a proposé un atelier de linogravure au Musée Atelier de l’Imprimerie de Nantes — à deux pas de mon atelier d’aujourd’hui, à Carquefou. Je n’attendais rien de particulier. J’en suis ressortie complètement happée, par la matière et par le geste.
J’ai commencé à graver pour moi, sans arrière-pensée. Puis des connaissances ont voulu acheter mes pièces. Puis mon compagnon, qui m’avait vue m’y remettre encore et encore, m’a offert une presse à rouleau — et n’a cessé, depuis, de m’encourager à aller plus loin. C’est en grande partie grâce à lui que cette passion est devenue une activité.
Depuis, je me suis formée : trois stages d’estampe japonaise traditionnelle sont venus nourrir ma pratique. Ils expliquent sans doute cette attirance que vous retrouverez dans mon travail pour l’épure et le geste précis — même quand la couleur, elle, est franche.
Ce que je fais aujourd’hui
Je grave, j’encre, j’imprime — à la main, plaque après plaque, dans mon atelier de Carquefou, tout près de Nantes. Chaque estampe porte les petites irrégularités du travail manuel, et c’est très bien ainsi : c’est la preuve qu’une main humaine est passée par là.
Je partage aussi cette pratique à travers des ateliers d’initiation, parce que je crois que ce sentiment d’émerveillement — celui qu’on a enfant, penché sur un dessin, sans se demander si c’est « bien » — mérite d’être retrouvé, à tout âge.
Si vous êtes arrivé(e) jusqu’ici, c’est peut-être que ce regard-là vous parle aussi.

